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Pénurie d’œufs à Labé : derrière la hausse des prix, toute une filière sous pression

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À Labé, les œufs se font plus rares sur les marchés. Selon un reportage d’Africaguinee.com, l’alvéole se négocie actuellement autour de 45 000 francs guinéens, tandis que les commerçants rencontrent des difficultés à s’approvisionner.

Mais derrière ce chiffre, il y a surtout des femmes et des hommes dont l’activité dépend chaque jour du bon fonctionnement de la chaîne avicole.

Des commerçants contraints de réduire leurs ventes

Pour certains commerçants, la difficulté est devenue très concrète. Les quantités habituellement commandées auprès des fermes ne sont plus disponibles. Certains expliquent devoir rationner les ventes : un client qui prenait 20 alvéoles peut désormais n’en recevoir que cinq.

Cette situation traduit une tension qui commence bien avant les étals des marchés. Quand les pondeuses manquent, la production ne peut pas repartir immédiatement Selon les aviculteurs interrogés, plusieurs poules pondeuses ont été réformées et vendues au cours des derniers mois, notamment pendant les périodes de forte demande.

Le problème est que leur remplacement ne peut pas être immédiat. Un poussin destiné à devenir une poule pondeuse a besoin de plusieurs mois avant d’atteindre l’âge de production. Lorsque l’approvisionnement en poussins est lui-même perturbé, le déficit de production peut donc durer.

D’après les professionnels cités par Africaguinee.com, certaines commandes de poussins peuvent actuellement prendre entre deux et cinq mois avant d’être honorées.

Une filière confrontée à plusieurs pressions

photo maïs pour illustration aricle ok

À cette difficulté s’ajoute le coût de l’alimentation des volailles. La filière reste fortement dépendante des matières premières importées, notamment du maïs. Les variations des prix internationaux et des devises se répercutent ainsi sur les coûts supportés par les producteurs.

Les professionnels évoquent également les difficultés sanitaires rencontrées dans certains pays fournisseurs de reproducteurs, notamment dans le contexte de la grippe aviaire.

Une crise qui concerne toute la chaîne

Le problème ne concerne donc pas uniquement les producteurs. Il touche les couvoirs, les éleveurs, les commerçants et, finalement, les consommateurs. C’est toute une chaîne qui doit fonctionner correctement pour qu’un œuf produit dans une ferme puisse arriver, quelques jours plus tard, sur la table d’une famille.

poules en battérie

Les professionnels interrogés estiment par ailleurs que les expéditions d’œufs vers la Haute-Guinée, Conakry ou Mamou ne constituent pas la cause principale de la hausse. Ils parlent plutôt d’un déficit global de production.

Construire une filière plus solide

Face à cette situation, les acteurs de la filière appellent notamment à renforcer les couvoirs locaux, développer une production nationale d’aliments pour volailles, améliorer la formation des aviculteurs et mieux accompagner les producteurs.

Ces solutions demandent du temps et des investissements. Mais elles posent une question essentielle pour l’avenir : comment construire une filière avicole guinéenne suffisamment forte pour produire davantage, tout en dépendant moins des aléas extérieurs ?

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À Foods Access Guinée, nous sommes convaincus qu’une meilleure autosuffisance alimentaire passe aussi par le développement de chaînes de production locales, structurées et capables de créer de la valeur et des emplois en Guinée.

Source : Africaguinee.com, reportage « Pénurie d’œufs à Labé : Des couvoirs européens aux étals locaux, les “dessous” d’une crise… », réalisé à Labé.

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